Portrait de Nathalie : Quand la vie te guide sur une autre voie
Qui suis-je ?
Je m’appelle Nathalie, j’aurai 46 ans en septembre. Je suis mariée et maman de 4 enfants de 10, 12, 15 et 19 ans.
Je suis la fondatrice de l’OF « Être maman est un plus » avec la marque La Tribu Digitale depuis 2019 (j’accompagnes des mamans à se reconvertir aux métiers de l’IA et du Marketing Digital afin qu’elles puissent mieux concilier vie pro et vie perso) et j’ai cofondé une agence digitale avec mon mari en 2014 que j’ai rejoins en 2017 à 100% et qui me permet d’accompagner des clients dans leur stratégie digitale.
Quel est ton parcours avant de te lancer dans l’entrepreneuriat ?
J’ai eu un parcours plutôt traditionnel. J’ai fait une école de commerce, spécialité marketing.
Puis je suis tombée par hasard dans le digital en 2000, en prenant un poste au sein d’une agence de référencement naturel.
J’ai passée 10 ans à travailler au sein de différentes agences parisiennes, dont Performics (groupe publicis) en France mais aussi à l’étranger puisque je suis partie cofonder Performics Spain entre 2008 et 2010.
A partir de 2011, je suis passée chez l’annonceur sur des postes de directions (3 ans dans une filiale du groupe Vivendi et 3,5 ans chez Wolters Kluwer).
Ces postes étaient toujours en lien avec mes compétences d’origine à savoir le marketing digital.
En parallèle en 2011, je me suis lancée en auto-entreprise pour accompagner 2 clients d’agence qui voulaient continuer à travailler avec moi (c’était avant Sekoyah, mais c’est ce qui m’a mis le pied à l’étrier).
Pendant quasiment 7 ans, j’étais donc salariée et j’avais ces 2 clients pour lesquels je travaillais principalement le soir pendant que les enfants dormaient.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer ?
Je n’ai jamais vraiment eu envie de me lancer dans l’entrepreneuriat, notamment car je viens d’une famille de fonctionnaires.
C’est la vie qui m’a amené à me lancer.
En effet, maman de 4 enfants, j’ai subi 4 discriminations à la maternité en entreprise (en 2006, mon manager m’a mise au placard à mon retour car d’après lui je n’étais plus bonne à travailler maintenant que j’avais un enfant), en 2010 quand j’ai annoncé ma grossesse à Performics, la DRH m’a mise à pied sous prétexte de m’avoir déjà payé un congé maternité 4 ans plus tôt. J’ai été licenciée pour une faute grave inventée à 3 mois et 1 semaine de grossesse. J’ai été aux prud’hommes et l’entreprise a été condamnée.
En 2013, une de mes collègue a tout fait pendant mon congé maternité pour me piquer mon poste, j’ai donc négocié mon départ à mon retour de congé maternité. Et à mon retour de congé maternité mi 2016, ma manager et la personne qui m’avait remplacé se sont liguées contre moi. J’ai subis 8 mois de harcèlement moral visant à me faire donner ma démission. Comme je « résistais » j’ai finis par être licenciée avec une nouvelle faute inventée. J’ai trainé l’entreprise aux prud’hommes et j’ai gagné après 4 ans de procédure : le harcèlement discriminatoire en raison de ma maternité a été reconnu.
Ce sont toutes ces expériences qui ont fini par me dégouter du salariat. On bosse, on s’investit à 300%, on est toujours au dessus des résultats et on se fait jeter comme une vieille chaussette tout simplement parce qu’on devient maman.
Mon mari m’a donc poussé à devenir indépendante car j’avais déjà 2 clients, je donnais à l’époque des cours en école de commerce. Et c’est comme cela que j’ai rejoins mon mari dans l’aventure Sekoyah.
Et ça a été une révélation, car je me suis rendue compte que je pouvais organiser mon temps de travail en fonction de ma vie de maman (et non l’inverse), que je pouvais déposer tous les jours mes enfants à l’école, que je pouvais participer aux sorties scolaires, que je pouvais les récupérer à la sortie de l’école, passer du temps de qualité avec eux et travailler également en fonction de mon chronotype.
C’est cette prise de conscience qui m’a donné envie en 2019 de lancer mon organisme de formation pour accompagner les mères sur ce cheminement et cette possibilité extraordinaire de pouvoir gagner correctement voir très bien sa vie, tout en étant présente pour ses enfants.
Y a-t-il eu un moment déclencheur ou une inspiration particulière ?
Mes 4 discriminations à la maternité ont été le déclencheur mais surtout la dernière qui a été particulièrement violente, car 8 mois de harcèlement moral est particulièrement destructeur, et puis bien sûr l’impulsion de mon mari qui m’a toujours poussé à faire mieux, à donner le meilleur de moi, qui me soutient, me motive et est mon meilleur allié dans la vie pro comme dans la vie perso.
On ne se rend pas compte à quel point la personne avec qui on passe sa vie peut être un accélérateur (ou pas) de ce que l’on est capable de faire.
Y a-t-il une ressource (livre, formation, citation, mentor…) qui t’a particulièrement aidée ?
Mon mari m’a particulièrement aidé ;), et si chaque femme pouvait avoir un environnement aussi soutenant qu’à pu l’être mon mari, encore plus de femmes brilleraient dans toutes les sphères de la société ! Je suis persuadée que derrière chaque grande femme il y a un homme (contrairement à ce qu’on dit souvent)
Le projet professionnel
Quelle est ta mission à travers ce projet ?
A travers La Tribu Digitale ma mission est d’accompagner les mères qui souhaitent être indépendante financièrement, en travaillant dans des domaines d’avenir (IA et Marketing Digital) tout en passant du temps de qualité avec leurs enfants.
Qu’est-ce qui rend ton projet unique selon toi ?
A travers La Tribu Digitale ma mission est d’accompagner les mères qui souhaitent être indépendante financièrement, en travaillant dans des domaines d’avenir (IA et Marketing Digital) tout en passant du temps de qualité avec leurs enfants.
Les difficultés et les fiertés
Quelles ont été tes plus grandes difficultés ?
Je n’ai pas vraiment rencontré de difficultés au début. C’est plutôt maintenant car de nombreuses personnes sans compétences se lancent dans l’infopreneuriat et proposent des formations qui sont vides.
De nombreuses personnes se sont fait avoir et il y a donc une défiance importante des mamans sur l’infopreneuriat mettant tout le monde dans le même panier.
Ce qui m’a fait halluciner ce sont les dernières études : moins de 10% des personnes terminent une formation à distance quand nous sommes entre 90% et 100% en fonction de nos formations.
Moins de 1% des personnes formées par le marché sont en capacité de se lancer, quand de notre côté nous sommes à 42% de réussite (mesurée à plus de 3 ans après une de nos formations)
Comment as-tu surmonté ces obstacles ?
Je suis en plein dedans justement, donc je n’ai pas encore surmonté ces obstacles ;).
Quelles ont été tes plus belles réussites jusqu’ici ?
Mes plus belles réussites et fiertés c’est chaque fois qu’une maman me dit que grâce à son parcours elle a transformé sa vie en mieux.
Certaines partaient de très loin et aujourd’hui elles peuvent faire plaisir à leurs enfants, peuvent s’en occuper à leur convenance ou sont sorties d’une situation financière difficile.
Ce sont ces réussites qui me donnent l’envie et la force de continuer et comme je dis régulièrement aux membres de ma communauté ce sont mes plus beaux cadeaux :).
L'équilibre vie perso / vie pro
Comment arrives-tu à concilier vie professionnelle et vie familiale ?
Aujourd’hui mes enfants sont plus grands donc mon organisation est différente de lorsqu’ils étaient plus petits. Mais le point central est qu’on a un agenda partagé dans lequel on met d’abord nos obligations personnelles avec mon mari (par exemple accompagner les enfants au collège, lycée, les récupérer, leurs sports, le nôtre, les déplacements pour les emmener chez les copains, les rdv médicaux…) et ensuite on met notre activité professionnelle et notamment nos RDV en visio ou nos déplacements. Donc c’est autour de notre vie perso qu’on met notre vie pro (et non l’inverse), et ça ça change tout.
Après c’est vrai qu’on travaille tous les 2 à domicile, donc quand l’un a une urgence boulot l’autre prend le relai avec les kids. Et j’ai de la chance car mon mari a compris qu’il n’est pas là pour aider, mais que nous formons une équipe au quotidien et prend sa charge mentale naturellement (ce que chaque homme devrait faire). A titre d’exemple, il gère tout l’administratif de la maison ou les courses depuis des années. Nous mettons aussi les enfants à contribution régulièrement depuis qu’ils sont petits.
Donc chacun a des tâches chaque semaine à réaliser car ce n’est pas à Maman (ou Papa) de tout faire. On vit en communauté et chacun doit prendre sa charge pour que la vie familiale se passe bien. Enfin on a déchargé une partie de notre ménage, mais on s’impose aussi une heure de ménage chaque semaine tous ensemble (et ça ce n’est pas négociable), ce qui devient une activité familiale.
As-tu développé des astuces ou une organisation particulière ?
Comme je le disais mon organisation est différente maintenant car les enfants sont plus grands, donc plus autonomes. Cependant lorsqu’ils étaient petits on avait mis en place des éléments visuels afin qu’ils comprennent qu’ils pouvaient (ou pas) nous déranger.
Par exemple lorsque j’étais en visio j’avais un chouchou au poignet et lorsque je faisais mes webinaires nous avions acheté sur amazon une lampe de studio « on air ». Lorsqu’elle était allumée interdiction de rentrer dans le bureau. D’ailleurs cet achat avait été fait juste après que mon ainé à l’époque en fin de 3ème me dépose sur le bureau pendant que j’animais un webinaire sa feuille d’inscription au lycée et me parle alors que j’étais en train de présenter les formations disponibles aux mamans de l’autre côté de l’écran.
Je pense qu’il faut aussi comprendre que travailler de chez soi demande de la patience. Quand les enfants ou le mari ont eu l’habitude que l’on travaille à l’extérieur, il faut qu’ils intègrent que maintenant Maman travaille depuis la maison et qu’il y a donc des moments où elle a besoin de se concentrer ou elle n’est pas dispo et d’autres moments où on peut aller la déranger.
Et je compare souvent cet apprentissage au fait de se laver les dents. On ne dit pas une seule fois aux enfants de se laver les dents avant d’aller au lit et hop c’est bon. On le répète parfois pendant des années avant que ce soit acquis. C’est exactement pareil pour le travail à la maison. Ca doit être ok que ce ne sera pas nickel immédiatement tous les jours pendant 20 ans et je pense que le problème du COVID était sur ce manque d’apprentissage puisque du jour au lendemain on a mis les gens en télétravail et il fallait que les enfants comprennent que papa et maman travaillait.
Autre astuce que j’avais mis en place quand les enfants étaient petits était de commencer par passer du temps de qualité avec eux (un calin, un jeu, une lecture…) mais un vrai temps de qualité (donc par exemple je n’étais pas sur mon téléphone) avant de me mettre à bosser. Car il faut savoir que les enfants ont besoin d’avoir leur réservoir d’attention rempli pour nous laisser tranquilles et quand ce n’est pas le cas ils vont commencer à être pénibles, faire des bétises ou se disputer, car ils préfèrent avoir de l’attention négative plutôt que pas d’attention du tout. Donc toujours commencer par donner de l’attention à ses enfants avant de travailler permet d’avoir un temps tranquille pour avancer sur ses sujets ensuite.
Dernier point important à mon sens c’est de comprendre que lorsqu’on travaille de chez soi notamment avec des enfants en bas âge on ne peut faire faire un 9h-18h non stop comme en entreprise, il faut être ok avec le fait de devoir adapter ses horaires aux besoins de ses enfants et donc parfois de devoir travailler tôt le matin ou tard le soir pour réaliser les tâches qu’on n’a pas pu faire dans la journée. Si on pense travailler comme en entreprise on se fourre le doigt dans l’oeil et du coup on en arrive à la conclusion : travailler de chez soit avec des enfants ce n’est pas possible.
Quelles qualités selon toi sont essentielles pour réussir en tant que femme entrepreneure ?
La principale qualité à mon sens est la confiance en soi. Malheureusement on est nombreuses à avoir un syndrome de l’imposteur +++.
Il faut donc travailler sa confiance en soi chaque jour, comme on ferait des abdos tous les jours si on veut avoir des tablettes de chocolat.
Et d’ailleurs la confiance arrive toujours après l’action et non avant. Donc comprendre également qu’on ne fera jamais rien si on attend d’avoir confiance, mais que c’est en faisant qu’on va développer notre confiance en nous.
L’autre qualité essentielle à mon avis c’est d’être adaptable car on a toujours des imprévus, donc savoir réorganiser sa journée, prioriser et modifier son planning est essentiel pour ne pas se sentir dépassée.
Dans l'avenir ...
Quels sont tes projets ou objectifs pour les prochaines années ?
Impacter positivement le maximum de mamans et leur faire comprendre qu’elles sont capables de suivre leurs rêves quand elles s’en donnent les moyens.
Comment aimerais-tu que ton activité impacte d’autres femmes/mamans ?
Je souhaiterais que les mères se donnent plus l’autorisation de suivre leurs rêves et de trouver les solutions qui leurs permettent et arrêtent de vivre parfois dans une prison dorée qui peuvent les rendre malheureuses.
Si tu pouvais transmettre un seul message aux femmes qui doutent aujourd’hui, quel serait-il ?
Que voulez-vous transmettre à vos enfants ?
Qu’ils sont obligés de vivre une vie conformiste dans laquelle ils ne s’épanouiront pas forcément ?
Ou qu’ils peuvent suivre tous leurs rêves quels qu’ils soient qu’ils y arrivent ou non ?
Si vous souhaitez transmettre la 2ème piste à vos enfants vous devez leur montrer le chemin car les enfants ne font jamais ce qu’on leur répète à longueur de temps, ils font ce que leurs parents font !
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