Le guide pour fixer ses tarifs quand on est freelance (et arrêter de se brader !)

Fixer ses tarifs quand on est freelance, c’est un moment de vérité.
Pas celui où tu envoies ton devis en croisant les doigts. Non, celui d’avant.
Celui où tu fixes le montant.
Où tu te demandes si tu ne vas pas effrayer le client.
Où tu recalcules pour la cinquième fois, en te disant « peut-être que si je baisse un peu… »
Et en tant que maman qui jongle entre les appels clients pendant la sieste et les dossiers urgents après 21h,
cette question devient encore plus brûlante :
comment facturer un prix juste sans culpabiliser, sans avoir l’impression de « trop » demander ?
Spoiler :
tu ne demandes jamais « trop ».
Tu demandes probablement trop peu.
Et cet article va te montrer pourquoi — et surtout, comment y remédier.
Tu n’es pas encore lancée ? Commence par mon guide pour devenir freelance quand on est maman : les tarifs en sont l’étape 4.
Et si tu en es au tout début de ta réflexion et que tes offres ne sont pas encore définies, je te conseille de lire d’abord mon guide : Quel business lancer quand on est maman et qu’on a peu de temps.
Fixer ses tarifs en freelance quand on est maman est un vrai défi
Pourquoi ? Parce que tu ne bosses pas dans les mêmes conditions qu’un freelance classique. Tu n’as pas tes 8h d’affilée, café chaud en terrasse, concentration maximale.
Toi, tu travailles :
- Pendant la sieste (si elle a lieu, et si tu ne t’endors pas avant ton ordi).
- Le soir, quand les enfants dorment enfin — et que ton cerveau, lui, est en mode zombie.
- Entre deux urgences : un enfant malade, une réunion d’école, un imprévu qui explose ton planning.
Résultat ?
Tu mets deux fois plus de temps qu’un autre freelance pour livrer la même prestation. Pas parce que tu es moins compétente. Mais parce que ton temps de travail est haché, fragmenté, interrompu.
Et pendant ce temps, une petite voix insidieuse te dit :
- « Si je facture trop cher, on va me trouver moins sérieuse. »
- « Je ne peux pas me permettre de refuser un client, j’ai besoin de rentabilité immédiate. »
- « Et si le client va voir ailleurs ? »
Cette peur de ne pas être prise au sérieux — parce que tu travailles « de chez toi », parce que tu es « juste une maman » — te pousse à casser tes prix.
À accepter des missions sous-payées. À te brader.
(Et si cette petite voix te ronge au-delà des tarifs, j’ai écrit tout un article pour dire adieu à la culpabilité de maman entrepreneure — parce que le juste prix commence dans la tête.)
Les 3 erreurs classiques qui plombent ta rentabilité

S’aligner sur la concurrence pour fixer tes tarifs de freelance
Tu scrolles sur LinkedIn, tu vois qu’une autre rédactrice facture 80 € l’article. Tu te dis : « OK, je vais faire pareil. »
Problème : tu ne sais pas si elle :
- A un conjoint qui assume 100 % des charges du foyer.
- Vit chez ses parents.
- Facture ce tarif pour attirer, puis upsell sur d’autres prestations.
Toi, pendant ce temps, tu as :
- Un loyer / crédit.
- Une mutuelle à payer.
- Des frais de garde (ou pas, parce que tu assumes tout toute seule, mais ça devrait compter dans ton calcul).
Résultat :
Tu t’alignes sur un tarif qui ne couvre même pas tes charges. Tu crois être « dans le marché ». En vérité, tu te plantes.
Oublier les congés et les imprévus (enfants malades !)
Quand tu calcules ton taux journalier moyen freelance, tu te bases sur combien de jours travaillés par an ?
Si tu réponds « 220 jours » (comme un salarié classique), c’est faux.
En tant que maman freelance, tu dois retirer :
- Les congés (au minimum 5 semaines, même si tu ne les prends jamais vraiment).
- Les jours fériés (environ 10 jours).
- Les jours enfants malades (gastro, varicelle, angine — compte large, genre 10 jours).
- Les journées administratives (compta, prospection, devis, relances impayés).
Ton nombre de jours facturables dépend de ton organisation. Pars de tes heures disponibles, de tes semaines travaillées et de la part consacrée aux missions clientes. Il n’existe pas de nombre de jours valable pour toutes les mamans freelances.
Si tu oublies ça dans ton calcul, tu te retrouves à facturer un tarif basé sur un temps de travail fantasmé. Et au bout de l’année, tu réalises que tu as bossé pour moins que le SMIC.
Facturer au temps passé plutôt qu’à la valeur
« J’ai mis 3 heures, je facture 3 heures. »
C’est la pire façon de fixer ses prix prestations de service.
Pourquoi ? Parce que :
- Le client se fiche de ton temps. Il veut un résultat, pas un chrono.
- Plus tu deviens efficace, moins tu gagnes. Logique absurde.
- Tu oublies la valeur ajoutée. Une stratégie qui rapporte 50 k€ à ton client, tu la factures combien ? 3 heures à 50 € ? Sérieusement ?
La vraie question à te poser : quel impact a ton travail sur le business du client ? Quelle transformation apportes-tu ?
Une rédactrice qui écrit une page de vente qui convertit à 8 % au lieu de 2 % ne vend pas « 4 heures de travail ». Elle vend des milliers d’euros de CA en plus. Et c’est ça qu’elle doit facturer.
👉 Tu vois le problème ?
Ces erreurs, elles sont invisibles tant que tu n’as pas un système clair pour calculer.
C’est exactement pour ça que j’ai créé le Kit Tarifaire pour Maman Freelance : un guide de 30 pages et un calculateur Google Sheets pour poser tes hypothèses de revenu, de frais et de temps disponible.
La méthode simple pour calculer tes prix sereinement
Spoiler : elle n’est pas si simple que ça. Et c’est exactement le problème.
Pour calculer son prix de vente prestation de service de manière juste, tu dois jongler avec :
- ✅ Ton CA cible annuel (pas juste ce que tu veux gagner, mais ce dont tu as BESOIN pour vivre)
✅ Tes charges réelles (sociales, pro, perso — et attention, elles varient selon ton statut)
✅ Ton temps de travail RÉEL (pas fantasmé : congés, enfants malades, admin, prospection…)
✅ La valeur ajoutée de ta prestation (pas le temps passé)
✅ Les imprévus (parce qu’avec des enfants, il y en a TOUJOURS)
Ça fait beaucoup de variables. Et si tu en oublies une, ou si tu te trompes dans un calcul, tu te retrouves à bosser pour moins que le SMIC sans comprendre pourquoi.
Un exemple pour visualiser : si ton objectif de chiffre d’affaires est de 24 000 € par an et que tu prévois 120 jours facturés, cela représente 200 € de CA moyen par jour. Ces chiffres sont des hypothèses, pas une recommandation. Il faut d’abord calculer le CA nécessaire à partir de ton besoin de revenu, de tes frais et de tes prélèvements, puis vérifier que les ventes et le temps prévus sont réalistes.
Le piège du calcul “à la main”
Admettons que tu te lances :
Tu ouvres Excel. Tu listes tes charges.
Tu essaies de te rappeler combien de jours tu as bossé le mois dernier (en vrai, pas sur le papier).
Tu te demandes si tu dois compter les congés que tu ne prends jamais. Tu hésites sur le pourcentage de cotisations sociales.
Tu recalcules. Tu doutes. Tu baisses ton prix “pour être sûre”.
Résultat ?
- Soit tu passes 3 heures à tout calculer (et tu n’es même pas sûre que c’est juste).
- Soit tu zappes des trucs importants (et tu te plantes).
- Soit tu te dis “tant pis, je fais au feeling” (et tu te sous-paies).
Et encore, je ne parle même pas de :
- La différence entre micro-entreprise et régime classique (les charges ne sont PAS les mêmes et si tu n’as pas encore créé ta structure, mon guide de la micro-entreprise t’explique tout).
- Les mois où tu bosses 10 jours vs ceux où tu bosses 22 jours.
- Comment intégrer un congé maternité ou un arrêt maladie dans ton calcul annuel.
Tu vois le problème ? Ce n’est pas que tu n’es pas capable. C’est que c’est chronophage, source d’erreurs, et mentalement épuisant.
Et tu as déjà assez de charge mentale comme ça.
Des repères pour construire tes tarifs
Le Kit tarifaire — Fixer ses tarifs avec sérénité réunit un guide pratique de 30 pages et un calculateur Google Sheets en trois onglets.
Tu définis ton objectif de revenu, tes frais et ton temps réellement disponible. Le calculateur estime un taux horaire plancher à partir de tes hypothèses. Tu peux ensuite comparer jusqu’à trois offres et vérifier si ton scénario mensuel respecte à la fois ton objectif de revenu et ta capacité facturable.
Ce plancher n’est pas un prix de vente imposé : tu confrontes tes offres à la demande et tu ajustes tes hypothèses avec tes missions réelles. Les prélèvements estimés restent à renseigner selon ta situation ; le fichier ne détermine pas ton régime à ta place.

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Paiement unique · Guide PDF + calculateur Google Sheets · Remboursement sur simple demande
Le guide comprend aussi des exemples chiffrés, un modèle d’email de proposition, des formulations pour répondre aux objections, un plan d’action et une fiche récapitulative. Tu avances en autonomie, à ton rythme.
Et une fois ton tarif fixé, il ne restera qu’une étape : le présenter aux bonnes personnes. C’est tout l’objet de mon guide pour trouver tes premiers clients en freelance.
(Si tu débutes en rédaction, mon guide pour devenir rédactrice web couvre aussi la question des premiers tarifs.)
Tes questions sur les tarifs freelance
Comment calculer son TJM de freelance ?
Détermine d’abord le chiffre d’affaires nécessaire pour financer ton revenu, tes frais et tes prélèvements estimés. Divise ensuite cet objectif par le nombre de jours que tu prévois réellement de facturer. Ce taux plancher est un repère ; vérifie aussi le temps total de chaque mission et confronte ton prix à la demande.
Je suis en micro-entreprise, ça marche aussi ?
Oui. Le calculateur utilise un taux de prélèvements estimé que tu dois renseigner selon ta situation. Il ne choisit pas ce taux automatiquement et ne remplace pas un calcul comptable personnalisé.
Je débute, je n'ai pas de références, je peux vraiment facturer ces tarifs ?
Oui. Parce que ton prix doit couvrir TES charges, pas ton ancienneté. Un plombier débutant facture moins cher qu'un senior, mais il facture quand même un tarif qui le fait vivre. Toi aussi.
Et si le client refuse ?
Alors ce n'est pas ton client. Un client qui refuse un tarif juste est un client qui va te faire perdre du temps, de l'énergie, et de l'argent. Mieux vaut un « non » aujourd'hui qu'un burn-out dans 6 mois.

Coucou, moi c’est Gaëlle !
Maman de 3 enfants et entrepreneure passionnée, j’ai quitté le salariat pour créer une vie plus alignée. Avec Maman Entreprend, je guide les femmes qui veulent construire un projet qui a du sens, sans sacrifier leurs mercredis après-midi. Mon but ? Te donner l’élan nécessaire pour t’épanouir dans ta nouvelle vie.
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